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L'art de la parole écrite

Articles, interviews, portraits

Quentin Véron, le styliste de la fourrure

Publié le 27 Janvier 2015 par Maya Meddeb

QUENTIN VERON : CREATEUR DE MODE – STYLISTE de la fourrure

Quentin Véron est un artiste à part entière avec une personnalité pleine d’ambivalence, de subtilité et de charme…Unifiés dans son art, l’esthétisme de la fourrure, précieuse entre ses mains, est à son paroxysme. Seul à allier parfaitement la confection et le style, Quentin Véron, prédestiné à être cavalier professionnel comme son père, est devenu la référence de la fourrure. Des personnalités telles que Madonna, Kanye West, Kim Kardashian, Pete Doherty ou Joey Starr ont tour à tour porté sa marque. Quentin Veron est à la mode ce que Tim Burton est au cinéma. Chacune de ses Neuf collections, de prêt-à-porter et de haute couture, transporte le public dans un univers à la fois fantastique et féerique. Sa nouvelle collection marque un virage artistique dans la carrière de ce dandy parisien. Devenu plus mature, elle sera à son image : plus épurée et plus sobre, mettant un trait d’union à son côté de jeune créateur foufou.

Comment êtes-vous devenu la référence de la fourrure ? Enfant, aviez-vous un univers artistique ?

Par chance. Je me suis retrouvé à faire un stage à 17 ans chez Thierry Mugler et ça m’a beaucoup plu. Après mon BAC S, J’ai donc intégré les « Studio Berçot », école prestigieuse de stylisme, où j’ai été débauché à la fin de ma première année par l’assistante de Jérémy Scott pour travailler avec lui à Los Angeles. Je n’étais pas du tout prédestiné à travailler dans le domaine artistique. Je viens d’une famille de cavaliers professionnels. J’étais un grand sportif, je faisais aussi des figures à vélo à un niveau avancé. Une autre vie. Il sourit. Mon enfance c’était le sport et la nature, je ne connaissais rien à la mode. Quand je suis arrivé à Paris, je ne connaissais même pas la marque Chloé. Mais c’est vrai que j’ai toujours aimé créer, j’aimais customiser mes vêtements, sans savoir que l’on pouvait en faire un métier.

D’où vous vient votre amour pour la fourrure ?

J’ai toujours aimé la matière. Ça m’a toujours fait penser aux écuries de mon père avec le côté animal. Maintenant que je travaille dans mon atelier, c’est très proche du travail dans les écuries car on se salit tout le temps les doigts, il y a une sorte d’odeur qui reste. J’adore l’odeur forte de la fourrure, elle me ressource. Le matin, j’aime mettre ma tête dans la fourrure, ça sent super bon. La fourrure c’est votre marque de fabrique.

Est-ce un avantage d’avoir une spécialité dans un milieu concurrentiel tel que la mode ?

Je suis vraiment le seul à être spécialisé dans la fourrure. Il y a d’un côté les fourreurs et de l’autre les stylistes. Je suis le seul à allier les deux. Il n’y a jamais eu ça avant. Et je suis également l’unique styliste à pouvoir défiler avec une spécialité. Normalement, tu dois vraiment avoir un panel de tout, tu ne peux pas défiler avec seulement des tee-shirts par exemple.

Comment ça se fait que vous avez dérogé à la règle des défilés ?

C’est grâce à de belles rencontres. Laurence Sudre, Directrice des Relations Extérieures, et Didier Grumbach, président de 1998 à 2014 devenu président d’honneur de la Fédération Française de la Couture, m’ont toujours soutenu. Ils m’ont permis d’intégrer la première saison de prêt-à-porter et ensuite de passer aux défilés de haute couture.

Etait-ce une stratégie de départ d’exploiter une niche dans la haute couture ?

Non pas du tout. C’est arrivé comme ça, c’est vraiment la fourrure qui me passionne. Pour moi quand j’ai commencé la mode c’était vraiment dans les ateliers que ça se passait et non pas dans les studios. La fourrure c’est un vrai travail de confection où l’atelier est indispensable. On peut travailler sans studio, je dessine d’ailleurs le plus souvent chez moi.

Vous êtes resté fidèle à votre premier atelier, celui qui vous a permis de lancer votre première collection en 2009. Parlez-nous de cette aventure.

Quand j’étais styliste pour des magazines, j’empruntais beaucoup de fourrures. Un jour, je suis allé dans un atelier qui faisait de belles fourrures et pour comprendre comment ça se passait, voir comment il la fabriquait, j’ai demandé à rester une semaine. Ça m’a tellement plus que je suis resté tout l’été. Grâce à une bourse des métiers d’Arts de la Mairie, j’ai pu être rémunéré en travaillant dans cet atelier. Le patron me donnait des peaux en échange. J’ai fait cinq pièces avec ces peaux et par un concours de circonstances elles sont parues au magazine L’Officiel. Le patron m’a ensuite prêté son atelier pour confectionner ma première collection. C’est donc vraiment grâce à lui que j’ai pu me lancer. J’avais 21 ans, personne ne me connaissait avant.

Depuis 2009, vous lancez chaque année plusieurs collections de prêt à porter et de haute couture avec un vrai univers artistique autour d’un thème précis: « La cour des miracles », « the Darkness of Hapiness », « the Middle Age », « The Gangsters », « The Summer Ghosts »…. Vous mettez en scène la fourrure telle une actrice qui raconte une histoire.

D’où puisez-vous votre inspiration artistique ?

Je choisis des thèmes précis et je les décline à ma façon, c’est une vraie inspiration personnelle. Je donne ma vision de la Cour des Miracles, des Gangsters…. A chaque fois c’est très dur de m’en séparer et de les offrir au grand public car ça met fin à des jours et des nuits à concevoir et à travailler les pièces. Je ressens toujours un grand vide après le lancement de mes collections. C’est comme mes bébés. Et puis, Il y a des pièces que je peux plus voir aujourd’hui, elles me rappellent des moments difficiles de ma vie. Par exemple, « The Darkness of Hapiness » c’était lié à un « mood » général, à une année d’enfer que je venais de passer avec une ex.

Parlez-nous de la composition de vos fourrures. Quel est votre fournisseur ? Quelles peaux d’animaux utilisez-vous et quelles sont les caractéristiques qui vous plaisent dans chacune d’entre elles ?

Toutes mes peaux viennent de Finlande par une société qui s’appelle « Saga Furs », basée au Danemark. J’ai choisi cette société car elle a un système de certification de peaux de très bonne qualité, elle s’assure vraiment de leurs provenances. Sinon ma peau peau favorite c’est le renard. 90% de mes pièces sont faites avec des poils de renards. Ce qui est génial avec cet animal c’est qu’il y a tellement une variété de renards avec des hauteurs de poils, de touchés différents que tu peux vraiment créer des reliefs, travailler en 3D. Après mon détail, c’est la chèvre. J’aime ajouter de la chèvre dans mes pièces car avec ses poils longs et très longs, ça donne un côté rock n’roll et ça casse le côté luxe de la fourrure. Je n’utiliserai jamais les peaux des animaux sauvages comme le lynx par exemple. Même le chinchilla qui fait 20 cm de long et 10 cm de large où il en faudrait 200 pour concevoir un manteau, je trouve ça complètement ridicule.

Depuis 1 an vous n’avez sorti aucune collection. Pourquoi ?

J’ai voulu faire un break, je n’en pouvais plus des collections. C’est vraiment éreintant d’en lancer plusieurs par an, surtout quand tu dois gérer d’autres choses à côté et que tu n’as pas une grosse équipe. Donc j’ai vraiment voulu me concentrer sur des pièces uniques pour des clients privés. Il faut savoir que le cycle de vie d’une collection est très long. Je dessine la collection maintenant, certaines pièces seront prêtes en janvier, shootées en janvier-février, vendues en mars, après ça part en presse pour arriver en boutiques qu’à partir d’Octobre. Pour ne plus l’utiliser en Novembre. Pendant un an, tu as la même collection et si en plus tu en fabriques d’autres à côté, tu t’y perds. Mais c’est vrai que pour éviter ce côté déprimant après le lancement d’une collection, beaucoup juxtaposent deux collections. Par exemple, après avoir présenté ta collection-hiver à la presse, t’enchaînes avec une nouvelle pour l’été. J’avais besoin d’un peu de calme, je suis parti en Amérique du Sud pour prendre d’autres inspirations. Prendre le temps pour voir des expositions, réfléchir sur les autres lignes que je voulais faire.

Justement, quels sont vos nouveaux projets?

Je viens de faire une ligne pour enfants de 2 à 4 ans. Si ça marche bien, je vais lancer les autres tailles. Le break m’a permis de créer une nouvelle identité visuelle de ma marque Quentin Véron. On est en train de créer un nouveau site internet avec la mise en vente de mes pièces. Je lance également une ligne de sacs avec un ami qui sortira en 2015. Il y aura bien sûr de la fourrure. Elle évoluera peut-être ensuite en ligne d’accessoires. Je suis en train de créer une marque de couture avec le styliste Jean-Paul Benielli, qui s’appellera BENIELLI-VERON. Ça sera de la haute couture avec des broderies de malade. Après, je n’ai pas droit de dire haute couture tant que ce n’est pas approuvé par la Fédération de la Mode. Pour vous donner un exemple, Jean-Paul Benielli quand il brode ses robes il met quatre à cinq mois pour les faire. Ça sera une marque à part entière avec l’alliance de nos spécialités mais le but c’est aussi de faire des robes sans fourrure ni broderie.

Les célébrités qui ont porté votre marque ?

Megan Fox, Pete Doherty, Kim Kardashian, Joey Starr, Madonna, Sharon Stone, Jonny Deep et Vanessa Paradis... Pour certains, je ne savais même pas qu’ils avaient acheté mes pièces car ils sont allés en boutique. D’autres c’est pour des shoots, des scènes comme IZIA. Certaines célébrités sont des amis donc ils achètent mes pièces pour leur vie privée mais les mettent en avant dès qu’ils le peuvent : c’est le cas de Joey Starr, Pete Doherty ou les BB Brunes. Le travail de la peau c’est un vrai métier.

Parlez-nous de la confection de vos pièces dans l’atelier.

On reçoit du pelletier la peau tannée, toute parfaite prêt à l’emploi, qui sent super bon. Il y a plusieurs étapes : d’abord la sélection des peaux. Comme j’utilise plusieurs peaux sur une pièce, il faut sélectionner celles qui se rapprochent le plus au niveau de la longueur et la couleur des poils. Ensuite, il y a la vue du patronage à savoir comment les clouer, les mettre en forme. On mouille étend et on la cloue sur une table en bois avec une grosse agrafeuse. On la sèche ensuite avec des chauffages notables. Quand la peau est séchée, On décloue, on trace nos patronages et on coupe. A la fin pour redonner un côté plus mou, car le fait de la mouiller et la sécher ça la durcit, on la met dans un grand tonneau, une sorte de machine à laver sans eau avec des balles de tennis qui tapent dedans. Après c’est doublé à la main.

Vous êtes en plein virage artistique où votre prochaine collection sera marquée par une nouvelle identité visuelle. Pouvez-vous nous en parler ?

Ça sera une collection prêt-à-porter de luxe qui sortira en mars pour la presse et en octobre pour le grand public. Je me positionne en prêt à porter mais par rapport au prix de la fourrure, ça reste quand même du luxe. Les pièces sont vendues en boutique à 3 000 euros environ, mais dès qu’elles rentrent dans des modèles couture, ça va de 10 000 à 25 000 euros la pièce. La nouvelle collection sera plus épurée et plus sobre. On enlève tout le stylisme et le décor autour pour concentrer la vision des gens sur le travail de la pièce. Nous allons enlever plein de détails artistiques afin d’apporter plus de maturité et rompre avec le côté jeune créateur foufou. Le thème n’est pas encore défini. Ce que je peux dire c’est qu’il y aura plus de couleurs (renard gold, bordeaux…). Tout le monde me dit que je fais du « Dark » alors qu’honnêtement je n’ai sorti qu’une seule collection totalement noire.

Quentin Véron, le styliste de la fourrure
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lisa 20/10/2015 14:58

il a habillé kim kardashian aussi waw ! il a du gout certainement !
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