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L'art de la parole écrite

Articles, interviews, portraits

L'association de Sonia Rolland pour la cause des enfants rwandais existe depuis 15 ans!

Publié le 25 Novembre 2016 par Maya Meddeb

 

 A l'occasion des quinze ans de l'association "Maïsha Africa", la fondatrice Sonia Rolland organise un gala de charité qui aura lieu le 19 septembre au Pavillon Cambon.

200 personnes sont attendues : Les partenaires fidèles (Havas, Renault) depuis le premier jour, des donateurs privés, mais aussi des entreprises africaines seront présents pour féliciter les projets déjà réalisés au Rwanda et encourager ceux à venir. Les fonds récoltés lors du gala de charité serviront à transformer l’orphelinat Gisimba en école.

Nous sommes allés à la rencontre de Sonia Rolland qui, depuis son sacre de Miss France réussit avec une énergie fabuleuse à mobiliser les gens autour de la cause des enfants rwandais.  

 

Quel bilan faites-vous des quinze années d’existence de votre association ?

 

Pour une structure comme la nôtre, nous sommes une dizaine dont cinq membres actifs, le bilan est plutôt positif. Le démarrage de l’association a commencé en 2001. Suite à mon élection de Miss France, j’ai fait un voyage plein d’émotions au Rwanda. J’ai rencontré des hommes politiques, des personnalités locales et surtout des enfants chefs de familles. Ce sont des orphelins qui, suite au génocide du Rwanda pour ne pas se retrouver seuls, ont créé des cellules familiales en désignant un responsable qui est souvent le plus âgé.  L’association a donc commencé en finançant plusieurs projets destinés à ces familles (création d’un moulin, mise en place de mono-taxis) afin de rendre autonome tout un village d’enfants. Ensuite, nous nous sommes occupés de réhabiliter et rénover des maisonnettes construites par l’Etat Rwandais après le génocide. La construction de petites maisons ne parlant pas aux donateurs privés et aux mécènes qui étaient présents à nos galas de charité, nous avons décidé de construire des structures scolaires et éducatives. Grâce à une mise aux enchères d’un fût lors des Hospices de Nuits-Saint-Georges, nous avons récolté 30 000 euros pour financer une école maternelle à  Narama. La fédération française de Basketball, dont je suis la marraine, a quant à elle financé le terrain de sport de cet établissement scolaire. Parfois, j’aimerais faire plus mais comme dit ma mère « l’essentiel c’est de faire et agir ».

 

Qu’attendez-vous du gala de charité qui célèbre vos quinze ans d’engagements  au Rwanda ?

 

On va fêter ces quinze années d’existence en faisant le bilan et présenter les projets 2016-2017. Il y a des partenaires fidèles qui sont heureux de nous retrouver et voir que nos projets continuent. Il y aura des artistes sur scène dont un ballet rwandais. Cette année, ma volonté était de solliciter des entreprises africaines. Monsieur Mbayen René, le PDG de la société Gulfin a tout de suite pris une table (prix de la table : 8 000 euros). Les fonds récoltés lors de ce gala vont permettre de transformer un orphelinat en école de quartier. L’organisation est lourde et c’est difficile d’attirer toute l’attention avec tous les évènements qui se passent en ce moment en France. Mobiliser des partenaires autour du Rwanda ce n’est pas simple face à une réalité mondiale compliquée. Je respecte tout à fait qu’il y ait des priorités.

 

Pourquoi transformer l’orphelinat Gisimba en école ?

 

Les orphelinats sont presque tous fermés en Rwanda pour responsabiliser la population, ce sont les familles d’accueil qui prennent le relai. Le centre d’accueil de Gisimba est un lieu mémoriel : Monsieur Gisimba a créé cet orphelinat mais a aussi été un héros pour le peuple rwandais, cachant des centaines d’enfants pendant le génocide. Symboliquement, c’est assez urgent qu’un quartier aussi pauvre puisse avoir une structure éducative et offre un droit d’aller à l’école pour tous les enfants.

 

Depuis votre élection Miss France, vous vous efforcez de véhiculer une image plus positive et moderne du Rwanda, assombrie par le génocide. Est-ce important pour vous d’être l’ambassadrice de votre terre natale à travers votre association ?

 

C’est par la force des choses que j’ai endossé ce rôle.  Quand je parlais du miracle rwandais lors des interviews et à travers mon documentaire, en mettant en lumière la place de la femme dans la société (60% des femmes au parlement), la conscience environnementale, la propreté dans les rues, les gens étaient dubitatifs. Et puis, j’étais un peu la seule à le faire. Tout le monde me disait que j’étais plus légitime qu’eux pour parler positivement du Rwanda. Donc, je les ai pris au mot, j’ai financé seule mon projet de documentaire, sans l’aide de l’Etat rwandais malgré ce que certains pensent. Je suis allée à la rencontre des acteurs du pays, ceux qui ont rebâti et sécurisé le Rwanda et remis un vrai vivre ensemble au sein de la population.

 

Votre statut de Miss France vous a t-il aidé à récolter des fonds pour votre association ?

 

Miss France m’a aidée à sensibiliser les gens à la question du Rwanda mais c’est surtout parce que mon engagement est constant depuis quinze ans, que les gens sont fidèles.  Et puis vous savez je prends des risques, ce n’est pas simple d’être à la tête d’une association et de mener des projets : ça l’en va de ma réputation, si ma réputation n’est pas bonne, ça ne peut pas fonctionner. J’ai donc de la chance d’avoir des gens qui me soutiennent et me sont fidèles.

 

Vous avez créé l’association avec votre mère. C’est aussi une belle aventure mère-fille ?

 

Ma mère a eu un AVC en 2014, ce n’est donc pas évident depuis pour moi, car elle était très active sur le terrain et me soutenait beaucoup au quotidien. Aujourd’hui je la remplace en plus de contacter les entreprises. Ca demande une énergie folle. J’ai eu un passage à vide cette année où je me suis dit si je n’arrive pas à organiser ce gala, tampis, j’arrête tout. J’ai de la chance d’avoir Yannick Bolloré du groupe Havas qui me soutient depuis le premier jour et la société Renault.

http://maisha-africa.org

 

L'association de Sonia Rolland pour la cause des enfants rwandais existe depuis 15 ans!
Commenter cet article

SONIA 23/12/2016 20:42

une activiste par excellence

amandine 30/11/2016 16:52

j'adore vous lire

Maya Meddeb 30/11/2016 17:20

Merci c'est gentil:)